Archive pour mars 2014

la pie

Jeudi 20 mars 2014

La pie

 

oeil vif sur l’échafaudage

sautille de verticales en horizontales

Elle organise même l’ordre des traits.

Des corbeaux veulent occuper son territoire. C’est l’attente

sous le regard attendri d’un chien

-          c’est toi la première !

hausse de tons des corbeaux. Pied de nez de la pie

suis archéographe, l’espace, la liberté c’est la vie

changer de fuseaux, les danseurs le font

ciel, oiseaux, ramages tout passe

passe montagne passe ciel passe ville

La ville est lumineuse pleine d’êtres oiseaux

ça picore ça jacquasse caetera

-          que fait-on ce soir ?

 

-          nous sommes de garde !

garde de nuit dans la ville endormie…

 

 

                                                                                       Sylvia  Desbois

 

 

 

artémision d’Ephèse

Jeudi 20 mars 2014

Artémision d’Éphèse

 

 

Boire la sève lactée

Danses dans le cercle sacré

Caducée d’Hermès en main

Éros au regard d’airain

Danse Artémis danse Artémis

Le flot des mots chryséléphantins

Éphèse sous la lune argentée

S’odore de parfums nuités

Des belles de jour traversent le ciel

Parmi  les oiseaux migrateurs

Sœur Athéna voilée de nuages rosés

Ouvre son cœur sur l’agora

 

 

Sylvia   Desbois

 

Le veilleur

Jeudi 20 mars 2014

LE VEILLEUR

 

Un veilleur passe à petits pas

Le temps presse l’Amour n’attend pas

Oiseaux migrateurs en procession

Elfes dans le bois

Enfants jouant des jeux de rôle

-Je suis le Roi

-Tu es ma Reine

Le ciel étoilé est notre château

La lune revêt sa robe blanche

Dans la pâleur de la nuit

Silence des Lumières

Les amants s’unissent sous le couvert des mots.

Roses de nuit argentées

Les âmes se piquent d’une tarentelle

 

 

SYLVIA   DESBOIS

 

Fraises

Jeudi 20 mars 2014

Cher Giuseppe

J’ai planté selon votre désir des fraises dans mon carré de roses et il s’est produit un événement miraculeux

elles ont pris la forme d’un cœur et paraissaient juteuses

Je me promenais   j’ai imaginé votre tango  votre allure de Rudolph Valentino portant une fraise

Sur un mur végétal nous dansions parmi les fraises des bois  nous tenions en équilibre  et nos souvenirs nous rappelaient que nous nous étions aimés d’un amour platonique  spirituel recherchant tous deux une dimension spatiale

J’avais devant moi  un cœur que je  n’osais effleurer tellement son parfum me ravissait

Fraise  Henri IV  portait en corolle  sur le sofa  un solitaire  à m’émouvoir parmi les cheminements des curieux                                                                                 Dans le sous-bois  des cerises guerrières offraient leur parure sur un ambassadeur

Je goûtais avec délice ce gâteau que j’avais appris dès mon enfance                                                                             Il faisait penser à une charlotte

Un oiseau migrateur passait par là  et exécuta des cercles comme s’il avait aperçu une proie

Il  avait l’œil perçant mais ne pouvait franchir le couloir d’odeurs bienveillantes

Vous avez esquissé quelques pas  avec une soupirante qui avait une certaine aisance en haut vol   vous lui avez appris le GDY qui est une botte secrète du tango

Elle avait une  fraise tatouée  sur la hanche droite  et une allure altière

De sa hanche se dégageait une essence fruitée et lorsqu’elle dansait  se dessinait  un carré de roses

Ses pieds caressaient la paroi avec sensualité  et nous offraient un dessert vanillé

Tout son corps était un fruit savoureux  à la fois goûteux avec un brin d’épices des îles

Une géométrie savante de cœur fraise nous envahissaient et le tango prenaient une couleur rosée de printemps

De délicates fleurs blanches s’épanchaient en vrilles musicales sous le soleil                                                  C’était une journée où il était de bon ton de ramener sa fraise !

 

6 mai 2013

Sylvia Desbois